Histoire Fiction

Pouvoir, sexe et subventions

29 octobre 2023
Pouvoir, sexe et subventions Pouvoir, sexe et subventions [Christian DROUET/ STUDIO CREATIVE PARTNER]

Pour réussir dans le monde de l’art, il faut se battre. Coups bas, corruption, chantage sexuel, tous les coups sont permis. Certains se battent pour l’argent, le pouvoir et la gloire, d’autres par nécessité. Jean-Louis se bat pour le plaisir. Rien ne lui procure plus de bonheur que de détrôner des puissants qui se croient tout permis.


Jean-Louis est un artiste, un vrai. Il peint des œuvres d’art contemporain. Jamais il ne recherche la gloire, la célébrité ou la fortune. Son objectif est simple, il tient en 3 mots : peindre des comics. Malheureusement pour lui, ces mots ne veulent plus rien dire aujourd’hui.

Jean-Louis est dépassé.

Le monde a changé. L’art n’est plus qu’un business comme les autres, qui enrichi les organisateurs de festivals, les petits commerces de proximité et les agences d’évènementiel. Pour générer des profits, l’art doit être produit en masse, rapidement, pour des coûts dérisoires, et surtout, être subventionné par l’état.

Aides fiscales, subventions, réductions de charges sociales, fond de soutiens pour l’art, exonération d’impôts, aides régionales, la liste est longue. Très longue. Pour obtenir ces aides, il y a des règles à respecter : Il ne faut pas déranger, il faut se taire et ne surtout parler de rien.

Pour Jean-Louis, peindre des comics c’est se battre contre cette nouvelle tendance. Cet art du vide, du néant, du vent. Des vendeurs de rêves vous vendent des aplats de couleurs, des formes géométriques ou des textures complexes, en vous racontant des histoires à dormir debout, pour des millions d‘euros.

Oui, ça paie un max.

Jean-Louis est un homme déçu. Déçu par cette industrie des « beaux-arts », plus communément connue sous le nom « d’art content pour rien », qui méprise l’art, les artistes et le public.

Ce n’est pas qu’une question de goût.

Étonnamment, Jean Louis n’a rien contre ces « artistes torturés » qui voient de la beauté dans des taches de vinaigre éparpillées sur un mur de cellulose. Non, il respecte toujours le travail des artistes, même quand ce sont des escrocs.

Ce qu’il trouve insupportable et qui le révolte au plus haut point, c’est la corruption. Oui, Le monde de l’art est complètement corrompu. Les subventions de l’état finissent toujours dans les mêmes poches, et ce n’est clairement pas celles de Jean-Louis.

Partout où il y a de l’argent, vous trouverez un homme qui le convoite.

Quand l’état arrose, les festivals fleurissent. Les amis, les proches, les compagnes et les maitresses des directeurs de festivals touchent le gros lot. Peu importe les échecs ou les scandales, le contribuable paie toujours. Cerise sur le gâteau, les fonctionnaires de l’état sont complètements aveugles.

C’est tellement facile de les rouler que ça en devient presque risible. Comment voulez-vous résister ?

Les directeurs de festivals sont malins. Ils savent détourner l’argent public de son sens premier. N’imaginez pas une seule seconde que l’argent du contribuable n’ait jamais soutenu un artiste en difficulté.

L’argent finit toujours dans leurs poches.

La méthode est toujours la même. D’abord, ils choisissent quelques grands noms qui justifient la tenue de leur festival. Ensuite, ils y associent les artistes qu’ils « apprécient » et enfin ils dépensent des millions dans les entreprises de leurs potes. Fin.

Vous voyez c’est facile à comprendre. Non ? Le mot « apprécier » ne vous parle pas ? Ce n’est pas clair ?

Bon, essayez d’imaginer une jolie jeune femme, dans sa vingtaine, qui a vraiment, mais alors vraiment besoin d’argent pour payer son loyer. Maintenant, imaginez un homme, dans la cinquantaine, qui a vraiment, mais alors vraiment envie de se la taper.

Question : Y a-t-il quelque chose, que la jeune et jolie demoiselle pourrait accomplir, afin que le gentil monsieur « apprécie » la gentille dame ? Non ? Vous ne voyez toujours pas ?

Moi non plus.

Ce qu’il y a de révolutionnaire dans l’art contemporain, c’est qu’il permet à votre meilleur pote, que vous avez rencontré au lycée, de faire passer les dessins de son fils de 4 ans, pour une œuvre d’art qui vaut des millions.

Rendez-vous compte ! Pourquoi payer des cachets de stars à 6 chiffres, alors qu’il vous suffit de fouiller dans les poubelles des écoles maternelles, pour trouver des œuvres d’art de qualité internationale ? Imaginez les profits que vous pourriez engranger. Maxi rentrées, 0 dépenses.

Fais un petit chèque à tes amis et ils te le rendront au centuple.

Ceux qui sont encore plus malins organisent un système de « rétro-commissions ». Une façon très efficace et presque légale, de se mettre l’argent du contribuable dans la poche.

Quand vous faites un chèque à votre « pote de lycée » ou disons plutôt à votre « artiste contemporain star », ce dernier vous rémunère en vous faisant cadeau d’une partie de ce pognon. Donnez-lui 100€ et il en dépense 60 dans l’entreprise de votre femme pour organiser son expo. Pour le reste vous faites moitié-moitié.

Les petites enveloppes font de grands amis.

Et attendez, ce n’est pas fini. Vous percevez aussi une partie des ventes des produits dérivés qu’il aura vendu pendant la durée de son expo. Oui, il y a des gens qui achètent vraiment n’importe quoi : Cartes postales, mugs, portes clés…

Pour 100€ d’argent public investis vous pouvez en récupérer 200 en cash.

Imaginez un instant. Vous avez un budget quasi illimité, vous pouvez donner de l’argent à qui vous voulez, personne ne vérifie jamais, et quand bien même quelqu’un vérifierait, impossible de prouver quoi que ce soit : tout le monde se tait.

Ça fait rêver, non ?

Il y a des artistes qui crèvent de faim dans ce pays. Des artistes qui bossent dur et qui aimeraient bien exposer leur travail dans les salons ou les festivals de ce pays. Il y a même des artistes qui font venir du public ! Si si, ça existe !

Et bien tous ceux-là, vont bien se faire cuire le cul.

Les artistes que vous verrez dans ces salons ou ces festivals, sont ceux qui font partie de « la grande famille » des beaux-arts. Oui, ceux qui couchent pour réussir. Oui, ceux qui connaissent les bonnes personnes. Oui, ceux qui travaillent pour des cacahuètes et oui ceux qui ferment bien leur gueule.

Les trois quarts des expos de ce pays sont vides. Au sens littéral et non, ce n’est pas une métaphore. Il n’y a littéralement personne dans la salle. Absolument personne. Même quand c’est gratuit !

En même temps, on ne peut pas en vouloir au public : C’est tellement mauvais !

Pour Jean-Louis, il y a urgence. Il faut impérativement mettre fin à ce système. Sa solution est simple, il veut fracasser le crâne de tous ces connards de directeurs de festivals.

C’est assez extrême, mais bon, que voulez-vous ? Jean Louis est comme ça. Croyez-moi, vous ne voulez vraiment pas l’avoir comme ennemi. Si un jour, vous vous trouvez sur son chemin, fuyez ! Jean-Louis a un vrai savoir-faire.

Jean-Louis vous démolit.

Jean-Louis voit grand. Il veut littéralement mettre fin à ce système. Son plan se déroule en 4 phases : Trouver des soutiens, affaiblir l’ennemi, l’isoler, et enfin l’exterminer. Accrochez-vous les gars, ça va faire mal :

Trouver des soutiens.

D’abord il passe un accord avec des féministes radicales. Leur rôle sera de rassembler toutes les femmes, qui se font abuser sexuellement pas des directeurs de festivals, agents, producteurs, directeurs artistiques, responsables des ventes etc… et la liste est longue.

Oui, ça fait beaucoup.

Jean-Louis va créer une plateforme sur internet où elles pourront remplir des dossiers de plaintes pour agressions sexuelles. Témoignages, preuves, photos, vidéos, tout ce que vous voulez. Tous ces dossiers seront regroupés par agresseur sexuels, pour pouvoir ensuite déclencher des procédures judiciaires collectives.

En parallèle, il organise des mouvements d’artistes, qui réclament au gouvernement, une renégociation des conditions d’attributions des subventions de l’État. L’objectif est simple :

Affaiblir l’ennemi, par des lois qui limitent leur accès aux subventions.

Les festivals auront l’obligation de se financer avec au moins 75% de fonds privés. Pour isoler les directeurs de festivals, il faut que ce soit des actionnaires qui soient aux commandes, pas des fonctionnaires.

Contrairement aux fonctionnaires, aucun actionnaire n’acceptera jamais d’investir un centime dans un projet artistique pourri par des affaires de viols. Le jour ou l’affaire éclate, c’est devant le « dieu argent » que le directeur artistique devra s’agenouiller et certainement pas devant un fonctionnaire corrompu.

Une fois que le monde de la finance aura pris le contrôle du secteur, les féministes radicales entreront enfin en action. Elles bombarderont les directeurs de festivals de plaintes collectives pour agressions sexuelles.

Objectif à atteindre : Isoler l’ennemi.

Les actionnaires expulseront les agresseurs sexuels, manu-militari, avec interdiction de pointer le bout de leur nez, à moins de 500 kilomètres du festival. Les financiers ont cette froideur qui les rends capable de poignarder n’importe qui pour de l’argent.

Quand c’est le contribuable qui paie, les puissants restent en poste. Les fonctionnaires acceptent de perdre des millions dans des projets boycottés par le public. Les puissants continuent d’exercer leur influence et personne n’ose parler, de peur de ne plus jamais travailler.

Tout le monde sait, personne ne parle

Quand ce sont des actionnaires qui financent, les directeurs de festivals sont écartés. Hors de question pour un actionnaire de perdre un centime durement gagné. Si le violeur reste, les actionnaires se retirent, le projet est mort.

Une fois écartés les directeurs de festivals ne peuvent plus exercer de pression économique sur leur entourage et les langues se délient.

Quand l’argent arrête de couler, tout le monde essaie de sauver sa tête.

De véritables enquêtes sont menés, les pourris s‘accusent mutuellement et les agresseurs se retrouvent derrière les barreaux. A cet instant précis, Jean-Louis aura enfin la voie libre pour changer les règles du jeu.

Opération : Grand nettoyage.

Jean-Louis fera équipe avec les féministes radicales. Il leur proposera une liste de candidats potentiels pour remplacer les directeurs de festivals déchus. Des hommes sûrs, qui feront le ménage dans l’industrie.

Ce sont elles qui convaincront les actionnaires de les nommer, en prétextant la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. En échange de leur soutien, les féministes mettront en place tout ce qu’elles voudront.

Plan de formation féministe, numéro d’urgence, numéro d’écoute, groupes de paroles… Ce sera open bar. Une fois ses hommes placés à la tête de tous les festivals de France, Jean-Louis pourra enfin lancer la dernière phase de son plan.

Non de code de l’opération : Extermination.

L’objectif ? Ressortir tous les documents, les preuves, les traces, qui accablent les pourris qui se sont gavés pendant des années et les offrir en cadeau à la justice.

Surfacturation, œuvres bidons, fraudes fiscales, fraudes sociales, conflits d’intérêts, tout ce que vous pouvez imaginer. La police n’aura plus qu’à se servir. Ce sera une boucherie, c’est tout un système qui va partir en fumée.

Aucun ne doit survivre.

Pour Jean-Louis, il ne s’agit pas seulement de mettre fin à un système corrompu, il veut en créer un nouveau. Il veut créer quelque chose que personne n’a jamais vu avant. Quelque chose d’impossible, qui n’existe que dans l’imagination des artistes les plus téméraires.

Il veut un système où le public répond présent et où ce sont les artistes les plus talentueux qui exposent. Un système ou les artistes mangent à leur faim et ont les moyens de produire leur art. Un système ou les femmes ne se font plus abuser sexuellement. Oui je sais, ça n’existe pas…

Pour l’instant.


À VOUS DE JOUER !

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Le petit sondage

Pouvoir, sexe et subventions : Subventionner l'art ?

Faut-il financer l’art par des subventions publiques ?
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